
Hommage bouleversant qui commence par nous raconter le parcours de cette femme. Cette femme juive originaire de Bessarabie que la réussite de ses fils à Paris, l’antisémitisme ambiant et les dettes de son mari Schulim poussent à quitter son village natale. Installée dans la capitale française, Idiss mettra du temps à s’adapter à sa nouvelle vie. Robert Badinter nous dresse le portrait d’une grand dame qui n’a jamais cessé d’aimer son mari et qui à cesser de vivre le jour de sa mort d’un cancer de l’estomac. Elle ne vivait plus que pour les autres.
Bien que ce livre ne soit pas une tentative d’analyse de la condition des juifs en France au début du 20eme siècle comme le souligne Badinter, il est néanmoins un parfait exemple du vécu de cette communauté. En effet, dés l’installation de toute la petite famille à Paris le lecteur n’étant pas naïf sait que la fin au vu du contexte historique peut être tragique. Le style d’écriture au fur et à mesure que le temps avance et que se dessine l’occupation devient oppressant, angoissant. On a peur pour Idiss pour qui on s’est pris d’affection. On se demande jusqu’au bout si les nazis auront sa peau…
Enfin cet hommage à sa grand-mère est également une occasion pour le lecteur de découvrir en toile de fond l’enfance de Robert Badinter. Enfant modèle avec son grand frère Claude à qui Idiss promet un grand destin. Ils sont sa fierté. L’adieu à sa grand-mère pour fuir les allemands est particulièrement émouvant. On ressent la blessure, le genre de déchirement qui vous prends aux tripes, celui du petit enfant qui sait qu’il ne reverra plus jamais sa tendre Idiss mais qui ne veut pas y croire. On comprend pourquoi Idiss comptait tant pour lui, combien elle lui a appris et combien il l’aimait profondemment.
Idiss : c’est un parfait mélange de joie et de tristesse, un formidable hommage d’un petit-fils à sa grand- mère mais plus encore une véritable leçon de vie.