
Pour l’histoire de France, le 28 septembre 1958 est le jour où la France entérine officiellement la Constitution de la Ve République. Pour Paul Blick âgé de huit ans, c’est la fin de son enfance paisible, son frère vient de mourir brutalement. Destin tragique d’une famille qui traverse les années et les règnes présidentielles, Paul trace son chemin dans cette France en mouvement que la politique ne quitte jamais. Tenté par l’appel révolutionnaire de mai 68, il garde de sa jeunesse la recherche d’un idéal social et refuse le conformisme.
Tel l’étranger de Camus, il subit les assauts de la vie. Contre le mariage il épouse sa femme enceinte, contre le libéralisme et les patrons elle est chef d’une entreprise de jacuzzi qu’il déteste, contre le socialisme de Mitterrand il se retrouve à le traquer pour faire plaisir à sa mère.
Paul est un héros malheureux que la mort poursuit sans relâche. Sa vie est triste, déplaisante, tantôt réactionnaire tantôt révolutionnaire, en résumé elle est française. Elle est faite de tromperie, de sexe, d’échecs sentimentaux, de mensonges et désillusions. Parfois une éclairci surgit à l’horizon et lui offre le travail de ses rêves : photographier les arbres partout sur la planète. Job idéal pour lui qui apprécie peu la compagnie des humains. Mais il suffit d’un rien pour que la vie vous rappelle à votre triste condition.
C’est un livre profond qui fait rire, pleurer et surtout réfléchir sur la famille, sur ces liens naturels qui l’espace d’une vie nous font croire essentielle à tout un monde.